note de réalisation

Les entretiens ont été enregistrés à Paris en février 2019 et en avril à Moissac à l’hôtel du Moulin, là-même où la Maison s’était installée en 1944. D’autres sont prévus dans le courant de l’été 2019.

Les premiers entretiens ont tourné d’une façon très libre autour de l’arrivée à Moissac et de la vie après Moissac, notamment professionnelle. Au visionnage des rushes, il est tout de suite apparu que la question de l’éducation et de la construction de la personnalité est le centre du film. Comment des enfants coupés de leurs racines et arrachés à leur famille ont pu se construire ? Sur quelles bases se sont-ils épanouis ?

Les entretiens réalisés ensuite portent principalement sur cette problématique.

LES ENTRETIENS

Tous les entretiens sont menés par les seuls auteurs du film. Estelle Hemmami conduit la conversation après avoir créé le climat nécessaire à un échange presque amical. Jean-Luc Becquaert prépare l’éclairage du lieu ou choisit les places en fonction de la lumière naturelle, puis filme in extenso et assure la prise de son. Travailler à seulement deux personnes est un choix résultant de la volonté de créer un climat de confiance difficile à obtenir quand une équipe importante évolue autour de la personne interviewée. De plus, tous les deux ont déjà établi des relations avec les personnes par le biais de l’association Moissac ville de Justes oubliée et ont une longue expérience de travail en commun. Le choix du matériel découle bien sûr de cette façon de travailler, ils utilisent une caméra de type reportage sur laquelle micros et systèmes de son externe peuvent être directement branchés. La prise de son est faite avec des micros-cravate, vite oubliés par les personnes interrogées.

LES PLANS 

Les plans choisis sont des plans poitrine, parfois rythmés par des gros plans, sur lesquels la personne est décalée à droite ou à gauche, comme le montre l’image ci-dessous. 

 Dans ce film, il ne peut être question de donner plus d’importance à une personne plutôt qu’à une autre, quelle que soit sa notoriété ou le prestige de la profession qu’elle a exercée. Le traitement de l’image sera donc le même pour tous : mêmes plans, éclairages similaires. Les auteurs veilleront à ce que les temps de présence à l’image soient, dans la mesure du possible, équivalents pour chacun. Le rythme du film sera donné par le montage et l’enchaînement des parties.

LA NARRATION

Tous ces témoignages sont assez puissants et évocateurs pour ne nécessiter de recourt ni à un commentaire, ni à un narrateur. La progression dramatique prévue par le scénario doit reposer sur les seules paroles des personnes filmées. Là encore, le montage sera déterminant. 

LES TRANSITIONS

Les transitions entre les parties permettront de relier les témoignages au Moissac d’aujourd’hui. Un film, “Hazak” réalisé en 1945 par Georges Arnstam, montre ces enfants dans leur environnement d’alors. Des plans extraits de ce film seront juxtaposés à d’autres filmés aujourd’hui en recherchant les mêmes cadrages des mêmes lieux.

Des enfants moissagais choisis pour leur diversité guideront le spectateur dans la ville d’aujourd’hui.

LA FIN

A la toute fin des entretiens et juste avant le générique et la chanson, il sera nécessaire de donner des indications objectives qui termineront d’éclairer sur le parcours des personnes interviewées. Un texte court sera dit à plusieurs voix par les enfants déjà vus dans les transitions. 

LA CHANSON

Il n’y aura a priori aucune musique au cours du film, la bande son laissera toute la place aux paroles et aux sons d’ambiance. Mais comme conclusion, la chanson de Barbara s’impose. Elle parle de la même violence faite aux enfants, de la même nécessité de garder l’innocence de l’enfance, de la même résilience rendue possible par le regard des autres et l’amour des adultes, le mot ”respiration” y est dit deux fois, comme un rappel du titre du film.

De plus, Barbara était elle-même juive.

Manu Galure interprétera la chanson en s’accompagnant au piano.

Sous réserve d’un accord des ayant-droit de Barbara.